imprimer cette page

Question écrite 04/11/2013

Augmentation des tarifs postaux: conséquences pour la presse spécialisée

 Monsieur Stéphane DEMILLY attire l’attention de Madame la Ministre de la culture et de la communication sur les conséquences pour la presse spécialisée de la fin de la compensation par l’Etat du moratoire de 2009 sur augmentation des tarifs postaux. La fin de cette compensation annoncée à la suite de la présentation officielle de la réforme des aides publiques à la presse va impliquer le rattrapage de l’année de décalage des augmentations prévues par les accords Schwartz Etat-Presse-Poste (5 %) ajouté aux augmentations prévues par les accords, soit une augmentation des tarifs postaux de plus de 11 % pour 2014. La fin de la compensation va également entraîner la réintégration de l’inflation à hauteur de 3,27 % qui devait s’appliquer en 2009, ajoutée aux augmentations prévues par les accords, soit une augmentation de 10 % pour 2015. Or les 1 300 publications imprimées par la presse d’information spécialisée diffusent près de 324 millions d’exemplaires par an et sont quasi exclusivement (95 %) diffusées par voie postale. Pour ces publications, il est en effet impossible d’envisager une forme de diffusion alternative. Cela est particulièrement le cas pour la presse agricole et rurale qui contribue à l’aménagement du territoire, en créant des liens sociaux très forts avec ses lecteurs, et pour qui les canaux de diffusion de portage et de vente au numéro ne sont pas adaptés. De plus, cette décision a été prise alors que les groupes de presse et les entreprises de presse spécialisée et professionnelle sont dans une situation très fragile, étant confrontés à un recul de leur diffusion (- 4,8 % en 2012 selon l’OJD) et à une baisse de leurs recettes publicitaires (- 7,7 % selon Kantar media). Cette hausse des tarifs postaux de près de 22 % sur 2 ans pourrait entraîner un vrai risque pour l’emploi dans le secteur de la presse spécialisée, qui emploie plus de 9 300 salariés dont 4 400 journalistes. Il lui demande donc de préciser sa position à ce sujet et de lui signaler si le Gouvernement envisage des mesures de compensation pour le secteur de la presse spécialisée.