imprimer cette page

Question écrite 27/02/2014

Inexactitudes qui concernent les travaux d’un comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne

Stéphane DEMILLY attire l’attention de Madame la ministre de la culture et de la communication sur des inexactitudes qui concernent les travaux d’un comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne. Ce comité a pour mission de formuler des recommandations visant à favoriser la pluralité linguistique interne à notre pays. Son rapport remis en juillet 2013 suscite de graves interrogations aux promoteurs de la langue picarde. A la lecture de ce rapport, la crainte est grande que la langue picarde, reconnue par le rapport de Bernard Cerquiglini réalisé en 1999 à la demande du Gouvernement visant à établir la liste des langues de France, ne soit pas concernée. En effet, on constate que le rapport cite le picard tantôt, correctement, comme une langue-appartenant comme le français au groupe des langues d’oïl-tantôt en laissant entendre qu’il serait une « variété dialectale du français », niant ainsi sa réalité et son autonomie. D’un point de vue historique, linguistique et littéraire, le picard est une langue proche mais aussi distincte du français que l’occitan peut l’être du catalan ou le néerlandais de l’allemand. D’autre part, aucun représentant ni spécialiste de la langue picarde ne figure parmi les membres de ce comité, ainsi que parmi les personnes qualifiées et associations auditionnées par celui-ci. De plus, les données qui sont mentionnées en annexe du rapport semblent inexactes. Le nombre de locuteurs avancé apparaît fantaisiste et ne s’appuie sur aucune référence sérieuse, de plus il globalise l’ensemble des langues dites d’oïl sans distinguer les différences très profondes qui existent entre elles, à supposer que ce concept de langue d’oïl soit fondé. Ce rapport, par exemple, nie l’existence d’une littérature très importante et millénaire en langue picarde. Enfin, contrairement à ce qu’affirme le rapport, le picard dispose d’une orthographe communément acceptée et très largement répandue ainsi que d’une importante présence en milieu scolaire, même si la loi ne lui permet pas d’être enseignée. D’ailleurs, plusieurs méthodes d’enseignement du picard ont déjà été publiées et notamment un manuel scolaire réalisé par l’Agence pour le picard en 2013. Il lui demande si ces éléments peuvent l’éclairer sur l’avenir du picard en tant que langue régionale de France. Il lui demande si elle compte reconnaître le picard comme langue fragile pour œuvrer à son développement en lien, notamment, avec les associations culturelles et le service public de l’éducation.