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Question écrite 11/07/2014

Régime juridique de la présomption de légitime défense

Stéphane DEMILLY attire l’attention de Madame la garde des sceaux, ministre de la justice, sur le régime juridique de la présomption de légitime défense. A ce jour, l’article 122-6 du code pénal limite l’application de la présomption de légitime défense aux personnes agissant pour repousser, de nuit, l’entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité ou pour se défendre contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence. Ces dispositions excluent de l’application de la présomption de légitime défense et du renversement de la charge de la preuve les personnes intervenant pour porter secours aux personnes victimes d’une atteinte physique. Or cette absence de présomption au profit des personnes agissant dans ce cadre perdure au détriment du droit des victimes et ne saurait qu’être défavorable à la protection de ces dernières. En outre, la législation en vigueur apporte peu de protection juridique aux personnes portant secours aux victimes d’agression. Par conséquent, les personnes qui, animées par leur civisme, souhaitent porter assistance à autrui tendent de plus en plus à s’abstenir car elles ne sont confortées par aucune protection juridique particulière. Par ailleurs, il souhaite attirer l’attention de la ministre sur le fait que le projet de loi tendant à renforcer l’efficacité des sanctions pénales, adopté en 1e lecture, après engagement de la procédure accélérée, par l’Assemblée Nationale le 10 juin 2014 n’aborde en aucun point cette question primordiale qui est celle du régime juridique de la présomption de légitime défense, renforçant ainsi les vives inquiétudes liées à la protection des victimes d’atteinte à leur intégrité physique. Aussi, il la prie de bien vouloir lui indiquer ses intentions pour faire évoluer le régime juridique de la légitime défense, notamment en instaurant une présomption de légitime défense au profit de celui qui intervient pour porter secours à la victime d’une agression.