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Audition 05/10/2011

Audition de Philippe VAN DE MAELE, président de l'ADEME

Monsieur VAN de MAELE, je voudrais pour ma part vous interroger sur trois points.

En premier lieu, je voudrais évoquer le soutien de l’ADEME à l’innovation durable.

Le 26 septembre dernier, en effet, votre agence a organisé la deuxième édition du Forum des Innovations, consacré aux nouvelles techniques qui, demain, rendront plus vert notre quotidien. Véhicules décarbonnés, moteurs électriques, piles à combustible, ou encore éoliennes et hydroliennes, l’éventail est assez large.

L’ADEME dispose d’ailleurs, à cette fin, d’un budget conséquent de près de trois milliards d’euros, provenant pour l’essentiel du grand emprunt, destiné à soutenir ces projets novateurs.

Aussi, pourriez-vous, en quelques mots, parmi les différentes pistes que vous étudiez et soutenez financièrement, nous indiquer celles qui vous semblent les plus prometteuses et les plus susceptibles d’être mise en œuvre à court terme ?

En second lieu, je voudrais évoquer la question des biocarburants.

Nous nous souvenons tous ici en effet, je pense, du véritable feuilleton qu’avait été la publication du rapport de l’ADEME sur le bilan carbone des biocarburants…


Une première version publiée en ligne en 2009 avait dû être retirée à la hâte devant les protestations des ONG qui le jugeaient trop favorable aux biocarburants, et l’ADEME avait dû s’engager à remettre son étude sur le métier.

Une deuxième mouture, définitive, a été rendue publique en avril 2010, et elle a globalement confirmé les conclusions de la première, à savoir que les biocarburants ont un bilan carbone favorable par rapport aux carburants fossiles, à savoir :
- une réduction de 60 à 80% des émissions de gaz à effet de serre dans le cas de biodiesel produit à partir d’oléagineux et de 90% dans le cas du biodiesel à base de déchets alimentaires (huiles usagées, graisses animales) ;
- et une réduction de 50 à 70% des émissions de GES pour le bioéthanol.

Sachant, par ailleurs, que le gouvernement français vient de décider de transposer par ordonnance deux directives européennes imposant notamment des critères de durabilité pour les biocarburants consommés en France, ce qui règlera la question du fameux risque de changement d’affectation des sols qui fait polémique,
sachant cela, pourriez confirmer à nouveau aujourd’hui devant notre commission, et sans aucune ambiguïté car il y a encore des esprits sceptiques, que le bilan carbone des biocarburants de première génération est un bilan favorable ?

D’autre part, toujours concernant les biocarburants, je souhaiterais que vous nous disiez ce qui, selon vous, est ressorti de la première réunion de l’observatoire des biocarburants, qui s’est tenue le 22 septembre dernier et à laquelle l’ADEME a participé.

Enfin, je voudrais aborder une problématique moins connue, celle de la contribution des TIC, les Technologies de l’Information et de la Communication, aux émissions de gaz à effet de serre.

 

En effet, j’ai été, je dois le dire, assez surpris de lire un article récent consacré à un rapport rendu public par l’ADEME en juillet dernier et qui établit qu’à l’horizon 2020, les TIC contribueront à hauteur de 4% aux émissions européennes de GES, contre déjà 2% en 2005 !

- Sachant en effet que 247 milliards de courriers électroniques ont été envoyés chaque jour dans le monde en 2009, et que l’on prévoit qu’il y en aura 507 milliards chaque jour en 2013,
- Sachant par ailleurs qu’envoyer un mail à 10 destinataires multiplie par 4 son impact sur le changement climatique
- Sachant enfin que nous renouvelons nos ordinateurs de plus en plus fréquemment,

Considérant tout cela, il apparaît selon cette étude que les communications électroniques ont un impact sur le réchauffement climatique, et sur l’épuisement des ressources en métaux et en matières fossiles.

Pourriez-vous nous dire quelques mots à ce sujet, car c’est assez surprenant après des années de communication sur le thème « pensez à l’environnement, privilégiez les mails par rapport au papier » !

Je vous remercie.