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Communiqué 12/09/2014

Conférence de presse avec Rémi Pauvros, Député du Nord, sur l’avancement du Canal Seine-Nord-Europe dans les Salons de l’Hôtel de Ville d’Albert

Intervention de Stéphane Demilly

 

Avec mon collègue Rémi PAUVROS, que je remercie très chaleureusement de sa présence à mes côtés aujourd’hui, ici à Albert, nous avons souhaité organiser cette conférence de presse pour :

 

-          D’une part, faire ensemble un point sur l’avancement du projet de canal Seine-Nord-Europe. Ce dossier nous le suivons ensemble dans nos fonctions parlementaires (nous siégeons en effet dans la même commission du développement durable et de l’aménagement du territoire) et en tant qu’élus locaux de Picardie et du Nord Pas de Calais.

 

-          Et d’autre part, nous souhaitons montrer que, dans les tourbillons politico-médiatiques du moment, des élus gardent la tête froide et continuent à œuvrer ensemble pour le développement des territoires dont ils ont la responsabilité.

 

J’insiste sur le mot « ensemble ».

 

En effet, s’il y a bien un message que nous voulons faire passer aujourd’hui, c’est bien celui de la mobilisation collective des hommes et des territoires, au-delà des étiquettes politiques et des frontières administratives, pour que ce grand projet voie enfin le jour.

 

Pour bien comprendre où nous en sommes, permettez-moi de revenir sur les évènements des six derniers mois.

 

-          Le 18 février 2014, à l’occasion de la réunion à Paris de l’association Seine-Nord Europe, Frédéric Cuvillier, Ministre des Transports, déclare que « l’année 2014 sera l’année du canal Seine-Nord » et que c’est désormais au Président de la République de faire connaître sa décision le moment venu.

 

-          Ne voyant rien venir, le 11 avril 2014, j’adresse un nouveau courrier au Président de la République pour souligner l’urgence du canal. Réponse de Frédéric Cuvillier le 1er août (3 mois et demi plus tard…) qui expose sa « feuille de route » sur le dossier mais n’écrit toujours pas noir sur blanc que la décision de faire le canal est prise.

 

-          Le 20 mai dernier, quelques semaines après sa nomination au Gouvernement j’interroge Ségolène Royal, nouvelle ministre de l’Ecologie, lors de sa première audition par la Commission du développement durable de l’AN, et elle me fait alors la réponse suivante, je cite le compte-rendu de séance : « Le projet de canal Seine-Nord Europe coûte très cher, même s’il est tentant.(…)Nous avançons sur ce dossier mais, j’insiste, vous devrez bien examiner, en tant qu’élus, le rapport entre les investissements publics et les avantages ». Fin de citation.

 

-          En juin 2014, dans l’attente de la décision de faire ou non le canal, VNF et le Préfet de la Région Picardie organisent des réunions de concertation sur la modification du tracé initial entre Allaines (80) et Havrincourt (62), conséquence de la reconfiguration du projet proposée par Rémi Pauvros.

-          Le 3 juin 2014, accompagné de Jacques Petit (maire de Marquion), de Patrick Deguise (maire de Noyon), et d’André Salomé (président du Pays Neslois), je rencontre à Matignon Stéphane Lecler, conseiller transports du Premier Ministre Manuel Valls. Celui-ci se montre à l’écoute, volontariste et positif sur le dossier, mais souligne qu’in fine le dossier du canal est lié à celui de l’écotaxe.

 

-          Le 17 juillet 2014, 8 députés de la commission du développement durable de différentes étiquettes politiques, parmi lesquels Rémi Pauvros et moi-même, publient dans le journal Les Echos une tribune intitulée « Le canal Seine-Nord, un canal de croissance pour l’avenir ».

-          Le même jour, 17 juillet, deux sénateurs (Yves Rome et Francis Grignon), dans un rapport consacré à VNF, rappellent que l’Etat a déjà dépensé 258 M€ pour le canal Seine-Nord, somme à laquelle il faut ajouter entre 20 et 30 M€ pour l’indemnisation des participants au dialogue compétitif que le gouvernement a décidé d’abandonner !

 

-          Le lendemain, le 18 juillet, accompagné de nouveau de Jacques Petit (maire de Marquion), de Patrick Deguise (maire de Noyon), d’André Salomé (président du Pays Neslois), et de Philippe Cheval (président du Pays Santerre Haute-Somme), je rencontre à L’Elysée Xavier Piechaczyk, conseiller transports de François Hollande, entouré de Stéphane Lecler et d’Olivier Rollin, ses homologues à Matignon et au ministère des Transports. Le message qui nous est passé est celui du choix du gouvernement d’avancer de façon pragmatique :

-           sur le nouveau montage financier du projet,

-          sur sa gouvernance,

-           sur la DUP modificative

-           et sur le dépôt du dossier auprès de l’Union Européenne début 2015.

 

A cette occasion nous avons également remis collectivement un courrier demandant que Rémi PAUVROS, dont la qualité du rapport avait été unanimement saluée, soit nommé officiellement coordinateur du projet.

 

-          Le 26 août dernier, le remaniement ministériel voit l’arrivée d’un nouveau Secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, en remplacement de Frédéric Cuvillier. J’ai aussitôt demandé officiellement à le rencontrer.

 

-          Le 2 septembre, dans le journal « Le Soir », le bourgmestre de Tournai en Belgique, Rudy Demotte, déclare qu’il abandonne le projet d’élargissement d’un des ponts de la ville prévu dans la perspective de l’arrivée du canal. Il considère en effet, je le cite là encore, que de toute évidence la France a décidé de reporter « sine die » la réalisation du canal Seine-Nord et qu’il ferait mieux de consacrer l’argent de la commune à la restauration de la cathédrale de Tournai…

 

Vous le voyez, depuis six mois, concernant le canal, nous n’avons cessé de passer du courant continu au courant alternatif, du chaud au froid, d’un signal positif à un signal négatif…

 

Alors que l’échéance cruciale du dépôt du dossier auprès de l’Union Européenne par la France en février 2015 approche à grands pas, il faut à présent sortir de l’indécision.

 

Il nous faut très vite un signe concret de la volonté de l’Etat de faire le canal. Il nous faut une feuille de route claire.

 

En cette période de discrédit général de la classe politique, c’est aussi une question de confiance en la parole publique.

Pour conclure, et avant de céder la parole à Rémi Pauvros, je dirai tout simplement :

 

Assez d’hésitations ! Cessons de nous creuser les méninges, creusons plutôt le canal !