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Audition 26/11/2014

Commission du développement durable : Stéphane Demilly a auditionné Bruno LE ROUX sur le rapport du groupe de travail « Compétitivité du transport aérien français »

Monsieur le Président,
Mes chers collègues,

Il y a un mois, le Président de la Fédération Nationale de l’Aviation Marchande (FNAM), Alain BATTISTI, tirait la sonnette d’alarme dans une lettre ouverte où il assurait que si rien n’était fait, il n’y aurait plus de compagnies aériennes françaises dans cinq ans.

Elu d’une ville de la Somme qui construit les cockpits de tous les avions de la gamme Airbus, je ne peux tout simplement pas imaginer que d’ici cinq ans, aucun de ces cockpits n’équipera des avions volant sous pavillon français, parce qu’il n’y aura plus de compagnies aériennes françaises !

L’enjeu est d’autant plus important qu’en France, les compagnies aériennes génèrent 300 000 emplois directs et un peu plus de 600 000 emplois indirects.

Il était donc urgent de réagir, et c’est l’objet des propositions contenues dans le rapport de notre collègue Bruno LE ROUX, fruit d’une longue concertation avec les professionnels du secteur.
Le rapport insiste sur l'importance du pavillon français, je cite, «indispensable à l'excellence et au dynamisme de la France.»
Une remarque importante alors qu'à une époque le pavillon français maritime a perdu de son importance pour ne pas s'être adapté à la concurrence internationale.

Le rapport pointe notamment le fait que les compagnies françaises n'ont pas su profiter de la croissance du trafic aérien mondial. Ainsi, la part du pavillon français est passée de 54,3% en 2003 à 45,6% en 2013.
Sans surprise, la perte de trafic a été la plus forte sur le trafic métropolitain (-14% entre 2008 et 2013) qui a souffert du développement des low-cost
Parmi les obstacles qui se dressent sur la route de nos compagnies aériennes, on trouve sans surprise le poids des charges, des taxes et des redevances [un mal français bien connu !], le coût des investissements de sûreté ou encore la concurrence pas toujours loyale des low costs et des compagnies du Golfe.
Cependant, au final, ce ne sont pas seulement les compagnies étrangères et la pesanteur administrative et fiscale qu'il faut blâmer, mais aussi le manque d'adaptation du secteur français face à l'environnement européen et mondial en rapide évolution.
Du fait de la concurrence, Air France a d'ailleurs fait d'importants efforts dernièrement pour mettre à niveau son offre Business et Première au standard des meilleures compagnies mondiales.
Par ailleurs, c’est aussi l’absence de véritables low costs français opérant sur le territoire national qui a permis l’essor rapide d’acteurs étrangers.
Sur ce dernier point, l’absence de véritables low costs français, pourriez-vous nous préciser comment vous appréhendez cette question, certes très sensible comme l’a démontré la récente grève des personnels Air France, mais cependant incontournable ?
Je vous remercie.