imprimer cette page

Question écrite 05/01/2015

Vieillissement de la population

 M. Stéphane DEMILLY attire l’attention de Madame la Ministre des Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des Femmes, sur le vieillissement de la population et les investissements nécessaires pour y faire face. En effet, on le sait, l’augmentation régulière de l’espérance de vie va se traduire par une forte hausse du nombre de personnes âgées avec une probabilité de dépendance importante dans une dizaine d’années. Il faut donc anticiper ce phénomène et réfléchir à des équipements adaptés et compatibles avec les finances publiques (prestations sociales et impôts) et celles des individus (revenus, patrimoine). Plusieurs problématiques importantes attendent à ce titre des réponses. Tout d’abord, la problématique des SSIAD. Aujourd’hui, de façon globale, les professionnels sont dans l’attente d’une réforme des services de soins infirmiers à domicile, qui est bloquée sans que l’on sache pourquoi. Par ailleurs, sur un plan plus spécifique, se pose la question des personnes insulino-dépendantes. Ainsi, lorsque les soins infirmiers sont effectués dans le cadre d’un SSIAD par un établissement, celui-ci reçoit un forfait annuel de 11 500 € soit 960 € mensuel. Or, le coût des soins d’un infirmier libéral pour une personne insulino-dépendante avec un pansement simple dépasse les  1 000 € par mois. Il ne reste donc aucune marge pour pouvoir réaliser les soins d’hygiène par les aides-soignants. Le nombre de personnes souffrant de cette maladie chronique augmente avec les gains d’espérance de vie. Ils ne peuvent donc plus entrer dans les SSIAD du fait de leur coût en soins infirmiers qui dépasse le forfait. Deux solutions sont possibles pour ajuster les dépenses et les recettes, soit augmenter le forfait annuel, soit ne laisser dans le forfait que les soins pouvant être réalisés par les aides-soignants. En second lieu, la problématique des établissements pour personnes âgées. En effet, il y a entre le suivi en établissement et le suivi à domicile un déséquilibre lié à l’APA : si le montant perçu en établissement était à la même hauteur, pour une dépendance identique, que celui versé à domicile, les prix à la charge des résidents seraient beaucoup plus faibles et le ressenti des personnes sur les prix élevés pratiqués en maison de retraite s’atténuerait. Pour pouvoir comparer les coûts en établissement et au domicile, il faudrait pouvoir ajouter toutes les dépenses, ce qui n’est malheureusement jamais fait. Enfin, en troisième lieu, la problématique des soins curatifs et palliatifs. Alors qu’il existe encore des tentations pour réduire les capacités des hôpitaux, chacun peut constater sur certaines périodes de l’année un manque de lits pour soigner les patients âgés à l’hôpital. Là encore, la démographie va accentuer ce phénomène et l’HAD qui se développe ne pourra répondre aux besoins des individus isolés ou dont les aidants sont très âgés. Il souhaite