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Intervention 03/10/2012

Commission du développement durable Table-ronde sur « Les énergies renouvelables au service de la transition écologique »

Intervention de Stéphane DEMILLY

Monsieur le Président, Mes chers collègues,

En tant que député de Picardie, c'est tout naturellement à M. LE PICARD, Président de France Biomasse Energie, que je voudrais m'adresser...
Monsieur LE PICARD, parmi les différentes filières énergétiques de la biomasse que votre organisation a pour mission de regrouper, figurent bien sûr les biocarburants.

A ce titre notamment, le représentant du groupe Cristal Union, très présent dans le bioéthanol avec le pôle de fabrication CRISTANOL, est membre de votre conseil d'administration. Vous êtes donc directement intéressé par ce dossier, et j'aimerais avoir votre vision de l'avenir des biocarburants en France.

Pour ma part, je ne vous le cache pas, après la conférence environnementale qui vient de se tenir à l'initiative du Gouvernement, j'ai quelques inquiétudes.

Certes, il est tout à fait positif que le Premier Ministre ait confirmé la priorité accordée à la transition énergétique que Jean-louis BORLOO avait initiée avec le Grenelle de l'Environnement.

Mais pour autant, il me semble pour le moins contradictoire de vouloir, d'un côté, rompre avec le tout pétrole dans les transports [ce à quoi je souscrit de longue date] et, d'un autre côté, geler le développement des biocarburants, dont les bénéfices environnementaux ont pourtant été confirmés sans équivoque par la récente étude de l'ADEME !

Cette contradiction nous amène à nous interroger sur la façon dont la France sera capable, sans les biocarburants de première génération, d'atteindre l'objectif européen de 10% de la part des énergies renouvelables dans les transports d'ici 2020. En effet, la recherche sur les biocarburants de seconde génération n'en est qu'à ses débuts et les premiers investissements de production ne seront opérationnels qu'en 2020-2025, pas avant...

C'est bien sûr une mauvaise nouvelle pour les filières biocarburants françaises, qui ont très lourdement investi depuis 2005 et qui se voient ainsi « plombées » en pleine phase de développement. C'est aussi une mauvaise nouvelle pour la diversification agricole en général, et je ne parle même pas des conséquences que cela aura sur nos importations de tourteaux de soja pour l'alimentation animale...

Alors qu'en matière énergétique, comme en matière économique, les investisseurs ont d'abord besoin d'un cadre fiscal et législatif stable et durable, une telle politique du « stop and go » ne peut qu'avoir des conséquences très négatives.

Pouvez-vous, par conséquent, nous donner votre point de vue sur cette question et nous indiquer vos attentes vis-à-vis des pouvoirs publics ? Je vous remercie.