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Canal Seine Nord Europe 05/03/2013

L’association Seine-Nord Europe collecte des messages de soutien à la réalisation du Canal Seine Nord Europe.

 Message de soutien à la réalisation du canal Seine-Nord Europe de

Stéphane DEMILLY, Député de la Somme, Secrétaire de la Commission du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire à l’Assemblée Nationale

 

Cela fait désormais vingt ans que le canal à grand gabarit Seine-Nord Europe a entamé la longue marche devant mener à sa mise en service, avec le lancement en 1993 de la première phase officielle d’études et de concertation.

 

Depuis cette date, le canal Seine-Nord Europe a été porté dans ses avancées par tous les Gouvernements qui se sont succédé, sans distinction de couleur politique. Je pense notamment au choix du tracé par le Gouvernement de Lionel JOSPIN en septembre 1997, et  à la déclaration d’utilité publique du projet par le Gouvernement de François FILLON en septembre 2008, qui a ouvert la voie à d’importants travaux préparatoires (fouilles archéologiques, acquisitions foncières, abaissement de l’autoroute A29…).

 

Le 5 avril 2011, à Nesle, dans la Somme, le Président de la République en titre a donné le feu vert de l’Etat à la phase finale du projet en lançant officiellement la procédure de dialogue compétitif.

 

Pourtant, depuis quelques mois, les sources d’inquiétude se multiplient quant à la volonté effective de l’Etat de mener le projet à son terme.

 

Certes, la période est difficile pour les finances publiques. Certes, il faut solliciter des financements complémentaires auprès de l’Union Européenne (l’Europe y est d’ailleurs prête, et l’a fait publiquement savoir, car ce projet est pour elle d’intérêt majeur).

 

Mais le canal Seine-Nord n’est pas n’importe lequel des projets inscrits au schéma national des infrastructures de transport. Il a reçu depuis vingt ans tous les feux verts au plus haut niveau de l’Etat. Sa réalisation est de fait déjà engagée sur le terrain et 300 millions d’euros ont d’ores et déjà été dépensés.

 

Par ailleurs, la question légitime du coût du canal Seine-Nord doit être abordée de façon objective, avec une approche de comptabilité analytique globale et non avec une « paire de lunettes demi-lune ». A ce titre, il est indispensable d’intégrer non seulement le coût net du projet pour les finances publiques, mais aussi les recettes nettes directes et indirectes qu’il procurera.

 

Ainsi, l’équilibre dépenses-recettes doit aussi être examiné à l’aune des questions suivantes :

 

-          Quel est le coût réel du Canal Seine-Nord si l’on prend en compte les recettes fiscales plus que considérables qui seront générées par un chantier aussi colossal puis par l’exploitation des quatre plates-formes multimodales prévues le long du tracé ?

 

-          Quel est le coût réel du Canal Seine-Nord si l’on prend en compte la réduction de la balance commerciale de la France avec le Benelux qu’apportera le canal par la relocalisation des centres de distribution et de dédouanement sur le territoire français ?

 

 

-          Quel est le coût réel du Canal Seine-Nord si l’on prend en compte les milliers d’emplois pérennes dans les territoires que génèrera le canal ? Pas moins de 4500 emplois directs et autant d’emplois indirects seront créés pendant la phase chantier, et ce ne sont pas moins de 25 000 créations nettes d’emplois qui, d’ici 2030, viendront apporter une formidable bouffée d’oxygène à des territoires souvent sinistrés par les fermetures d’entreprises et les plans sociaux.

 

-          Quel est le coût réel du Canal Seine-Nord si l’on prend en compte le fait que ce projet redonnera une nouvelle compétitivité à l’économie française en modernisant et en restructurant toute notre filière logistique vers le Nord de l’Europe ?

 

-          Quel est le coût réel du Canal Seine-Nord si l’on prend en compte cette dure réalité, à savoir qu’en raison de la faible qualité de ses liaisons massifiées fluviales et ferroviaires, la France accuse aujourd’hui un retard de cinquante ans par rapport aux autres économies de l’Europe en termes d’efficacité de ses grands ports maritimes ? C’est un enjeu crucial, qui touche directement des secteurs économiques aussi stratégiques et pourvoyeurs d’emplois pour notre pays que l’automobile et l’acier, l’agro-alimentaire et la grande distribution, les matériaux de construction et les produits recyclables, ou encore l’agriculture.

 

Ce ne sont là que quelques exemples particulièrement marquants. La liste des gains économiques et fiscaux générés par le canal pourrait comporter bien d’autres éléments, et cela sans compter naturellement ses retombées en termes de développement durable. 

 

C’est pourquoi il est indispensable que l’analyse du coût et du financement du Canal Seine-Nord Europe soit faite de façon réellement objective, en intégrant aussi les recettes et les gains directs et indirects procurés par le projet.

 

Sur le fond, la réalisation du canal Seine-Nord est désormais une question de volonté politique plus que de capacité budgétaire. C’est pourquoi la décision finale concernant le lancement du projet doit maintenant être extrêmement rapide : nos territoires ne peuvent plus attendre et nous avons besoin d’un cap clair !