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Question au Gouvernement 25/06/2013

Stéphane Demilly interroge le Premier Ministre sur le Schéma National des Infrastructures de Transport (le SNIT)

Monsieur le Premier Ministre, l’ UDI considère que la force d’un pays se mesure dans sa capacité à fixer un cap à travers  de grands projets structurants.

 

C’est, ou plutôt c’était, l’ambition du Schéma National des Infrastructures de Transport (le SNIT), destiné à fixer les orientations des 30 prochaines années en matière d’infrastructures.

 

Au mois d’octobre dernier, la commission « Mobilités 21 » a été chargée d’évaluer et de hiérarchiser les 70 projets identifiés dans le SNIT.

 

Nous craignons que derrière cette démarche ne se profile en réalité l’enterrement en catimini de nombreux projets structurants, au risque de renier la parole publique et le principe de continuité de l’Etat.

 

Ainsi, certains projets majeurs semblent déjà condamnés, alors même que les travaux sont engagés et plusieurs dizaines de millions d’euros déjà dépensés.

 

Prenons un seul exemple emblématique du SNIT et du Grenelle de l’environnement : le Canal Seine Nord Europe.

 

Voilà un projet majeur attendu de tous les territoires concernés, considéré comme prioritaire par l’Union Européenne, et lancé officiellement en 2011 par le Chef de l’Etat.

Voilà un projet pour lequel plus de 200 millions d’euros ont déjà été engagés, et dont tout laisse pourtant à croire qu’il sera relégué tout en bas ou hors du classement…

 

Monsieur le Premier Ministre, avec 80 collègues parlementaires de tous bords, avec les Maires d’Amiens et de Lille, nous avons sollicité auprès de vous un rdv en Février pour vous parler de ce projet majeur.

Trois mois plus tard, vous nous répondiez  que votre agenda chargé ne rendait pas possible cette rencontre...

 

Après les « pigeons », les « poussins » et les « moineaux », vous risquez de faire naître une nouvelle espèce de volatiles, celle des « dindons », les « dindons de la farce du canal Seine-Nord » !

 

Monsieur le Premier ministre, la commission « Mobilités 21 » doit présenter ses conclusions à la presse ce jeudi.

 

Pouvez-vous nous assurer que la parole publique a encore du sens dans notre pays, et nous garantir que la partition qui sera jouée après-demain ne se résumera pas à un requiem des engagements de l’Etat ?